Contretemps
Plantes aromatiques et médicinales.

Derrière les Tisanes Contretemps qui apaisent vos maux et qui régalent vos papilles, il y a Marion. Installée à Saint-Pierre-Roche, elle nous a ouvert son atelier de fabrication où se mêlent des parfums aussi riches que les saveurs qui en découlent pour nous présenter son univers. 

La Petite Réserve : Première question, comment vas-tu, comment va la vie ? 

Marion : Je vais bien, la saison ne se présente pas trop mal malgré un début d’année intense. D’un autre côté, je suis en train de tout préparer pour les nouveaux terrains sur Gelles. C’est à la fois super motivant et super stressant. 


LPR : De belles choses en perspective donc ! C’est chouette ! Avant de présenter tes tisanes, et comment tu en es venu là, présente-toi, qui se cache derrière Contretemps ? 

Marion : Moi c’est Marion, je suis productrice de tisanes depuis 2017. Avant je travaillais dans l’environnement. Dans ma vie, j’ai voyagé un peu, car j’ai fais des études dans plusieurs coins de France et d’Europe. Et je suis arrivée en 2012 sur le plateau du Cézalier prête à tout, à toutes les températures, à toutes les intempéries. J’ai décidé de créer et de travailler la terre ici en 2017. 

LPR : Tu dis avoir étudié dans l’environnement, comment t’es-tu formée ? 

Marion : J’ai une formation BAC+5 en biologie- écologie. Durant mon master j’ai fais pas mal de stages en botanique. J’ai étudié la phytothérapie aussi, qui est la guérison et le soulagement des maux par les plantes. Après, je me suis formée principalement sur le terrain, auprès des paysans, avec leur savoir et leurs conseils. C’est comme ça que j’ai le plus appris.

LPR : Et l'idée de produire des tisanes t'est venue quand ? Comment ?

Marion :Alors pour le quand, j’étais dans mon potager dans La Godivelle en plantant des pommes de terre en juillet. Et je me disais que j’étais bien, là, à ce moment précis. Bien dans la terre à planter. Et que je voulais en faire mon métier. Par la suite en rencontrant une productrice en 2014, je me suis dis que c’était ça vraiment, LE métier que je voulais faire.

« CE QUE JE RECHERCHE AVANT TOUT C’EST LA QUALITÉ DU PRODUIT. C’EST CE QUE J’AI ENVIE QU’ON RESSENTE QUAND ON EN BOIT. QUE C’EST BEAU, QUE C’EST BON, ET QUE ÇA FAIT DU BIEN. »

LPR : Autour de Contretemps, comment tout s'organise ? Tu es toute seule ?

Marion : 
Officiellement je suis toute seule par volonté. Après c’est un projet de couple [Jean de la Brasserie Piquat], donc on va s’aider mutuellement. Il va m’aider sur les aspects plus techniques, moi je vais l’aider sur les recettes. On mutualise tout ce qui est commercialisation pour se vendre ensemble. Quand une boutique nous contacte, on essaie de parler de l’autre. Ça nous permet de ne faire qu’un trajet de livraison. Et quand on peut, on travaille aussi avec l’Atelier de Fontsalive. On aime travailler à trois.

Cette année j’accueille Lucie en stage. J’ai pris quelques stagiaires sur du stage court de deux- trois semaines dans l’année. Là, c’est une formation en Paysans Créatifs avec l’association ADEAR pour l’osier et les plantes médicinales. 

LPR : Une question que l'on se pose, pourquoi le nom "Contretemps" ?

Marion : 
Le nom m’est venu sur ma première cueillette de bourgeons de pins, qui était au mois d’avril 2017. J’étais en retard, en train de courir partout. Et je me suis dis « j’en ai marre d’être toujours à contre temps ». Je fais de la musique, et en musique les contretemps sont ce qui font la beauté d’une mélodie. Et puis produire des plantes médicinales, en bio, en altitude, ce n’est pas dans le courant majoritaire, c’est plutôt à contre temps. Et j’avais envie que ce ne soit qu’un seul mot. ContreTemps. C’était l’idéal.


LPR : Est-ce que tu te souviens de ta toute première tisane ?

Marion :La toute première, je ne sais plus. J’ai sortit une gamme de cinq tisanes d’un coup. Mais la première vendue, en juillet 2017, c’est la tisane « Dig’ô'dodo », que je ne fais plus.

 

« DANS TOUS LES CAS, JE VEILLE À NE PAS CUEILLIR DANS DES ESPACES PROTÉGÉS, ET FAIT ATTENTION AUX QUANTITÉS PRÉLEVÉES, AFIN DE PRÉSERVER LES SITES. »

Marion au milieu de ses cultures.

LPR : Pour choisir tes plantes, comment ça se passe ? 

Marion : Plusieurs critères m'ont permis de sélectionner mes plantes : la possibilité de les cultiver en altitude, leurs propriétés pour composer mes tisanes. Au début, j'ai ciblé sur assez peu de plantes de culture et plus en cueillette, parce que ça m'a permis de démarrer sur une toute petite surface de culture. Petit à petit, je fais évoluer ce ratio : j'affectionne particulièrement la partie culture, et tend à réduire la cueillette sauvage. Je fais également évoluer certaines plantes de culture, en fonction de leur capacité à pousser sur mes parcelles et l'évolution de mes tisanes également.



LPR : Et la cueillette sauvage, il y a une façon de procéder  ?

Marion : J'aime connaitre les gens chez qui je vais cueillir. Parler avec les gens fait grandir le réseau, et me permet de rencontrer de nouvelles personnes et ainsi de nouveaux sites pour mes cueillettes. Dans tous les cas, je veille à ne pas cueillir dans des espaces protégés, et fait attention aux quantités prélevées, afin de préserver les sites.

LPR : La Terre est quelque chose que tu respectes beaucoup. Quel est ton lien avec le bio, l'environnement, l'éthique ?

Marion : Ce sont des valeurs qui m’ont poussé à faire ce métier. Dès que j’ai eu mes terrains, je suis passée en bio, ce qui ne m’a pas fait changer mes pratiques. Pour moi c’est une évidence la bio, mais c’est aussi la base. 

Ce qui compte c’est aussi le volet éthique de la bio. Je fais partie de l’Association BIO63. Pour moi ce n’est pas seulement un label, ce sont des valeurs. Je suis avant tout paysanne, donc c’est du bio-éthique que je défends. L’environnement c’est une cohérence, j’ai fais toutes mes études là dedans. Je fais très attention à ma façon de récolter et de faire.



LPR : Et pourquoi avoir fait le choix de distribuer chez nous ? 

Marion : La démarche est intéressante, et le côté humain est important. Quand je suis venue, ce que j’avais adoré ce sont les pastilles « locales, éthiques, bio » et il y a une transparence que j’affectionne beaucoup, et j’ai trouvé ça cool.

 

 « TOUTES LES TISANES ONT ÉTÉ RÉFLÉCHIES AVEC LES PROPRIÉTÉS DES PLANTES, EN FONCTION DU GOÛT, ET AUSSI DE LA BEAUTÉ. CAR QUAND C'EST BEAU, C'EST BON. » 

Différentes tisanes proposées par Marion.

LPR : Comment as tu commencé à te faire connaître ? À te développer ?

Marion : J’ai fait pas mal de marchés au départ dans le coin, puis les marchés de Noël à Clermont. J’ai tout de suite mit Facebook et le site web en place. Après beaucoup de bouche à oreille, quelques boutiques. La Petite Réserve fait partie des premières boutiques d’ailleurs. Et puis, petit à petit, je commençais à être connue dans le secteur. 

Je n’ai pas commencé gros, donc la production et la commercialisation grandissent en même temps; ce qui est super rassurant pour la pérennité de l’entreprise, et un peu frustrant car je dois refuser des commandes. 



LPR : En parlant de La Petite Réserve, comment vos chemins se sont croisés ? 

Marion : Avec Thibaut on s’est rencontré sur une formation liée à la commercialisation. Après j’allais au marché place de Jaude, donc c’est là qu’on a un peu plus échangé. Il y avait Sandrine (co-fondatrice) à l’époque, donc on a commencé à discuter. Ils venaient prendre les produits quand j’allais au marché place de Jaude. Et comme j’ai arrêté les marchés, je vais les voir directement maintenant.

LPR : Est-ce que tu as des astuces à donner à nos clients pour consommer au mieux tes tisanes ?

Marion : Toutes les tisanes ont été réfléchi avec les propriétés des plantes, en fonction du goût, et en fonction de la beauté. Car quand c’est beau, c’est bon. Il n’y a pas de conseils thérapeutiques sur les tisanes, donc j’utilise des noms évocateurs. 

On dit une pincée par tasse. Ça ne sert à rien d’en mettre beaucoup. Je travaille avec les plantes les plus entières possibles donc je conseille de les effriter. Idéalement, il faut éviter de mettre de l’eau bouillante (plutôt dans de l’eau frémissante), et de les mettre dans des boules à thés, car les plantes ne vont pas avoir de place pour se développer. Pour infuser et se diffuser, c’est cool si elles ont de place.



LPR : Et pour terminer, que pouvons-nous te souhaiter ? Le meilleurs évidemment, mais quoi d'autre ? 

Marion : Mon objectif c’est de trouver un rythme de croisière. Avec un équilibre totale entre vie professionnelle et vie personnelle. Au bout de plusieurs années, ce serait le moment !

Savonessa
Les Savons de Vanessa
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